Je pensais pouvoir tout effacer,
Ces vieux reflets du temps passé.
Je pensais que rien ne restait,
Des jours enfuis, de nos secrets.
Je pensais me tromper moi-même,
En murmurant que tout s’éteint,
Que l’ombre d’un amour qu’on aime
Ne marque plus le lendemain.
Mais ces silences me rappellent
Ces mots si tendres, quotidiens,
Ces gestes simples et fidèles,
Un doux « bonjour » au matin.
Le murmure avant le sommeil,
Un baiser posé sans détour,
Le café fumant sous le ciel,
Le journal et ton court séjour.
Les habitudes m’évoquent encore
Ces rires en foule, ces éclats d’or,
Les nuits tardives entre amis,
Les derniers pas vers notre lit.
Et puis l’étreinte avant l’oubli,
La chambre noire et nos soupirs,
Ces choses qu’on perd avec la vie,
Que seul le temps sait assoupir.
Et me voilà, seule, en errance,
Libre enfin, mais sans aisance.
La solitude a son vertige,
Sans toi, l’écho devient vestige.
Car comment fuir ces habitudes,
Quand même toi, dans l’infini,
Restes gravé dans l’attitude
De ce cœur qui n’a pas guéri ?
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